Il est tout de même assez farce que les dirigeants de l'opposition au gouvernement Papandréou dénoncent dans le même temps le recours au référendum tout en demandant des législatives anticipées !
Et même doublement farce si l'on veut bien considérer que le dirigeant de la principale formation de ladite opposition, Antónis Samarás de Nea Dimokratia (Nouvelle Démocratie) a été l'un des ministres du gouvernement précédent, celui de Konstantínos Karamanlís, dont l'action ne fut pas pour rien dans la sévère dégradation de la gestion du pays !
Les socialistes du PASOK et les conservateurs de la Nouvelle Démocratie sont donc parfaitement et totalement responsables de l'état de l'économie grecque. Tout comme le Peuple Grec porte aussi sa part en ayant fait confiance contre vents et marées à une classe politique qui l'entretenait dans le mirage d'une vie politique, économique, financière et sociale s'affranchissant des nécessaires réformes…
Mais les dirigeants européens doivent aussi assumer l'entrée de la Grèce dans la zone euro alors qu'ils savaient pertinemment que les comptes transmis par Athènes étaient pour le moins insincères ! L'Allemagne a tout de même tendance à oublier que les conditions du soutien politique des états membres de l'Union à la réunification allemande portaient aussi sur la mise en place de la monnaie unique, avec une ouverture sans trop y regarder de près à un maximum de pays...
Bref la République Hellénique se trouve confrontée au choix crucial d'une souveraineté assumée, via la consultation référendaire, porteuse éventuellement d'une alternative pour l'avenir, ou à celui d'une classique alternance gauche / droite, synonyme malheureusement de la prolongation d'un système qui montre chaque jour l'étendue de son inanité.
Notre propre pays sera lui aussi face au même dilemme l'année prochaine : le rituel du balancier droite / gauche, sans que les conséquences, et celles et ceux qui prétendent les organiser, en soient fondamentalement changées ou la poussée du renouveau, de la solidarité républicaine, de la citoyenneté à nouveau assumée, de la fierté d'un modèle d'organisation original et conforme aux valeurs héritées de notre histoire.
Respectons le Peuple Grec dans ses choix comme nous respecterons notre propre condition citoyenne en osant le pari de l'avenir en mai 2012 !
Papandréou a quand même subi 13 grèves générales dans son pays avant de céder à la demande référendaire du peuple. C'est une leçon à retenir. Je crains malheureusement que la leçon qu'en retiendront les partisants de la démocratie libérale-à-la-chinoise sera d'intègrer désormais dans leurs traités l'interdiction pour leur signataires de recourir au référendum.
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