Le Smic net mensuel passe au 1er décembre de 1.072,07 à 1.094,71 euros. 22,64 € de plus par mois, soit 75 centimes d'€ par jour : voici la traduction en nette de l'augmentation automatique du SMIC de 2,1%, en application des dispositions réglementaires prévues dès lors que la hausse des prix enregistre une augmentation supérieure à 2%.
Quelle magnificence ! Ces salauds de travailleurs pauvres vont se vautrer dans le luxe et la volupté… Pas trop tout de même car on notera que depuis l'accession de Sarkozy à l'Elysée le SMIC n'a jamais reçu le fameux coup de pouce allant au-delà des minima requis. La dernière valorisation du travail du smicard date donc du gouvernement de Dominique de Villepin (3,62 points nets d'inflation).
Le Président bling-bling du "travailler plus pour gagner plus" avait simplement oublié de préciser que pour les soutiers du système ce serait tintin et compagnie… Aucun coup de pouce alors que les mesures prises par son gouvernement vont venir rogner largement les revenus.
Il y a peu de mois, un groupe d'experts chargé d'éclairer les choix du gouvernement en matière d'évolution du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) a rendu sa copie. Il avait conclu à la nécessité de se borner à suivre les méandres de la hausse des prix sans ajouter la moindre noisette de beurre dans les épinards du SMIC car les substituts et compléments de rémunération mis en place en France (Prime pour l'emploi - PPE - en 2001, Revenu de solidarité active - RSA - en juin 2009) viennent compenser la faible hausse du SMIC.
En clair, la puissance publique (vous, moi, nous), bonne fille, est priée de continuer à "subventionner" la rémunération des salariés, les entreprises étant incapables de remplir leur part du contrat ! Car il s'agit bien d'un contrat qui lie l'employé à son employeur, le premier apportant sa force de travail que le second rémunérera.
Est-ce trop demander que ce salaire permette de vivre, de se loger, de s'alimenter, de se soigner, de pouvoir espérer pratiquer quelques loisirs ou d'épargner en vue de projets à réaliser ?
Le salarié doit-il se satisfaire de cette nouvelle forme de charité publique, RSA, PPE, pour mieux accepter que son apport à la société ne puisse plus lui assurer le minimum vital ? Nos dirigeants d'entreprises sont-ils à ce point atteints de troubles de la mémoire qu'ils ne se souviennent pas que leurs salariés sont aussi, et avant tout, des agents économiques dont la capacité à consommer et à épargner est une garantie que le système va globalement continuer à fonctionner ?
Si l'on reprend la définition du salaire telle qu'écrite dans le dictionnaire ("Rémunération du travail effectué par un employé pour le compte d'un employeur en vertu d'un contrat de travail") nous ne pouvons que constater combien cette appréhension de la notion de rémunération est parfaitement incomplète : elle ne prend aucunement en compte la capacité à vivre du produit de son travail !
La notion de "juste rémunération" doit compléter la simple invocation du paiement de la force de travail ! Car elle est juste pour celle ou celui qui le reçoit mais elle est aussi juste pour assurer la cohérence et la solidité du système !
Comme il y a un "bouclier fiscal", ne devrait-on pas encadrer les dérives absurdes du marché par un "socle vital" en deçà duquel une société serait réputée comme se plaçant en-dehors de l'état de droit et où il serait considéré comme illégal, incohérent, contre-productif, indécent, etc. de se retrouver ?
Cela n'est pas si difficile à estimer ! Les grands postes de consommation sont connus (logement, alimentation, santé, prélèvements obligatoires directs et indirects, etc.) et leur quantification, en fonction des spécificités locales (un 60 m2 n'atteindra pas le même prix selon qu'il est situé à Paris ou en région) est somme toute plutôt simple à réaliser.
N'oublions pas que ce salaire minimum ne concerne pas qu'une fraction négligeable des 23,5 millions de salariés (et même dans ce cas, cette situation resterait scandaleuse) : ce sont près de 20% de ces salariés qui sont au niveau du SMIC ou au-dessous (cas des salariés à temps partiel).
Quelle absence supposée de talents justifie-t-elle que l'on maintienne des millions de salariés à ce faible niveau de subsistance ? En 2008, 7,8 millions de personnes "vivaient" avec un revenu situé au-dessous du seuil de pauvreté (949 € par mois) !
En 2008 !
Au 21ème siècle ! Il y a quelques ampoules grillées dans la France héritière des valeurs des Lumières...
Et quelle profusion supposée de talents justifie-t-elle que l'on rémunère à 500 ou 800 fois le SMIC tel dirigeant d'entreprise, tel trader, tel sportif, tel télécrate ?
L'emploi est dorénavant une variable d'ajustement et son corollaire financier, le salaire, est essentiellement représentatif de la valeur d'usage que la société du marché assigne à l'individu qui le perçoit !
Alors même que nos gouvernants actuels ont mis en place des outils favorisant indûment les plus aisés ou ont su jeter la bouée à un système bancaire défaillant, le simple fait de refuser un "coup de pouce", aussi faible soit-il, pour le salaire minimum révèle le mépris et l'indigence dans lesquels sont tenus des millions de citoyennes et citoyens.
Le seul commentaire que je voudrais faire consisterait à appuyer sur le bouton "j'aime" ou quelque chose comme ça, mais je ne le trouve nulle part.
RépondreSupprimerYakademandé pour être servi !
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