lundi 14 novembre 2011

L'avenir de l'UMP ne passe plus par Sarkozy 2


Les échecs électoraux successifs engrangés avec constance par la principale composante de l'actuelle majorité, l'UMP, doivent être compris comme étant intimement liés aux contre-performances affichées avec la même régularité depuis 2007 par l'actuel chef de l'Etat.

Présenté dès 2006 comme le "joker" d'une formation en quête de l'après-chiraquisme, Nicolas Sarkozy est devenu la treizième carte au tarot de Marseille : celle personnifiant la mort (politiquement parlant).

La certitude est donc là : l'UMP poursuivant son chemin de croix avec l'homme à la faux va y perdre sa légitimité (les affaires corruptrices de la démocratie ne cessent de plomber cette fin de mandat), sa crédibilité (la gestion calamiteuse d'une politique de classe) et ses élu(e)s (10% des sénatrices et sénateurs UMP au tapis le 25 septembre dernier).

Et la victoire du candidat socialiste serait synonyme de bon de sortie pour une palanquée d'élu(e)s actuel(le)s du groupe UMP à l'Assemblée Nationale et qu'une cohorte de parlementaires de gauche viendrait les remplacer sur les bancs de l'hémicycle…

Il est donc urgent de trouver un autre chef de file pour partir au combat en mai et juin 2012 avec de raisonnables chances de succès. Et revenir au Palais Bourbon en conservant un groupe suffisamment dodu pour conserver le matelas financier qui va avec ; la politique est aussi une affaire de gros sous…

Pour ce faire les candidat(e)s ne sont pas si légion

Les caciques du parti, qu'elles ou ils soient ou non membres du gouvernement, présentent toutes et tous le même inconvénient majeur : celui d'être identifié(e)s, à un titre ou à une autre, à un système Sarkozy rejeté, socialement injuste et défaillant. Ces ténors peuvent cependant influer sur le cours des évènements en favorisant le changement de jockey avant le départ de la course.

Jouer la carte extérieure à la "famille", comme en 1974 lorsqu'une partie de l'UDR soutint la candidature du centriste Valery Giscard d'Estaing, est sans doute une option mais ici aussi les prétendant(e)s sont plombé(e)s, soit par leur appartenance durant de nombreuses années aux gouvernements de Nicolas Sarkozy (Jean-Louis Borloo), soit du fait d'une opposition affirmée à la politique conduite par le chef de l'Etat et sa majorité UMP-Centriste-Radicaux, ce qui est le cas de François Bayrou.

La candidate ou le candidat doit donc être celle ou celui qui appartienne naturellement à la famille de pensée, qui n'apparaisse pas comme assimilé(e) à la gestion du quinquennat Sarkozy et qui possède un capital de notoriété / sympathie non négligeable auprès de l'opinion publique. Les conditions de la victoire en 2012 tiennent à la satisfaction de ces trois critères.

Le seul qui les possède est Dominique de Villepin !

Il dispose de son mouvement crée en juin 2010, République Solidaire, qui aurait vocation, le moment venu, à restaurer la composante gaulliste et sociale de l'UMP. Cette formation présente aussi l'avantage non négligeable de ne pas représenter, en l'état, un parti susceptible de faire de l'ombre à l'UMP (pas plus d'ailleurs que le MoDem)…

L'UMP a donc tout intérêt à se rallier à des individualités qui ne possèdent qu'une force de frappe limitée sur le terrain de l'élection locale.

Bref, l'UMP est désormais devant l'alternative "ça passe ou ça casse" : ses dirigeant(e)s et ses militant(e)s sauront-ils saisir l'opportunité ? C'est probablement la clef politique majeure des élections prévues l'année prochaine.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de respecter votre propre intégrité d'être humain et celles des lectrices et lecteurs en vous gardant de réflexions généralistes du type "tous les arabes" ou "tous les juifs" et d'une façon globale "tous les xxxx" : vous ne connaissez pas personnellement chacune et chacun des membres de l'ensemble ainsi décrié et ce traitement global injustifiable est bien le terreau sur lequel l'exclusion, le racisme et l'ostracisme trouvent leur expansion. Tout commentaire ainsi entaché sera supprimé...