Nous voguons donc inconsciemment vers une campagne électorale convenue, le navire balloté par les flots impétueux d'une financiarisation anarchique, le poste de commandement inconscient de la mutinerie qui couve et les prétendants aux quatre galons parfaitement déconnectés des réalités de la rue.
Les icebergs nous entourent ? Foin de pessimisme, le "Titanic" n'est-il pas insubmersible !La pièce semble écrite, les rôles distribués et le public convié à cette unique représentation de gala.
Les repus du système vont s'installer dans les moelleux fauteuils de l'orchestre, les arrogants se pavanent dans des loges les mettant à l'abri des manants mais pas de leurs regards chargés d'envie et teintés de haine.
Les enfants du Paradis sont serrés tels les harengs en caque, se bousculent parfois pour entrevoir les jeux de scène mais beaucoup ont abdiqué tout intérêt pour ces pathétiques et dérisoires pantomimes de démocratie. Et l'ouvreuse sournoise de leur suggérer de changer de théâtre...
Car toutes et tous, béni(e)s des marchés ou leurs modernes esclaves, savent bien que les dialogues et les situations sont écrits et qu'en coulisse se matérialisent les vrais enjeux de pouvoir, la répartition des prébendes et les petites connivences mesquines de carrière entre "ennemis" politiques de façade. Embrassons-nous, Folleville !
On s'apostrophe au vu et au su de l'assistance mais dès les caméras éteintes toute la classe politique se retrouve à la buvette pour partager les verres de l'amitié… Chacun rentre chez soi et la vie continue, long fleuve tranquille pour certains, torrent déchaîné pour beaucoup.
Qui troublera ce trompe-l'œil indécent ?
Qui osera réécrire la pièce et impliquer la salle autant que la scène ?
Les politiciens ont la facheuse habitude de faire ce qu'ils veulent une fois élus, mais cette fois-ci, ils sont prévenus : ils connaissent la suite de leur histoire s'ils ne font pas ce qu'il convient qu'ils fassent.
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