mardi 8 novembre 2011

Dominique de Villepin : survivre dans la crise ou en sortir

Le moins que l'on puisse dire est que Dominique de Villepin, ce matin sur BFM face à Jean-Jacques Bourdin, n'aura pas eu besoin de sortir les grandes envolées dont il a le talentueux secret pour qualifier les mesures prises pour la seconde fois en moins de trois mois par le tandem Sarkozy / Fillon. Nous restons dans l'adaptation pataude lorsque la situation exigerait une véritable refondation volontariste et vigoureuse.




Pour le fondateur de République Solidaire, l'esprit partisan, face à une profonde crise, et qu'il soit de droite ou de gauche, n'est pas la réponse adaptée et seule l'union nationale, comme les allemands le firent avec la grande coalition CDU/SPD, peut apporter des solutions durables et profondes.

La justice sociale est encore trop absente de ce rendez-vous d'une austérité incapable de traiter en profondeur les maux dont nous souffrons et le caractère par trop anecdotique des mesures décidées rendra une troisième potion, voire même une quatrième, inéluctable d'ici quelques semaines ou quelques mois.

L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac fait le juste parallèle entre l'absence de perspectives sur le long terme déployée par les dirigeants au niveau de l'Union européenne et l'attitude timorée de nos propres gouvernants.

Sans grandes réformes de structures (diminution du nombre de ministres et de députés, non-cumul de mandats, refondation territoriale du pays, TVA sociale et environnementale, etc.) et sans volonté de rassembler les énergies dans un vaste mouvement d'unité nationale, les mesures, aussi emblématiques soient-elles (et parfois en trompe-l'œil à l'instar du gel des traitements présidentiel et ministériels), prises hier ne résoudront rien, ou si peu.

Nous tentons de survivre dans la crise alors qu'il nous faudrait sortir de cette crise : cette sentence forte de Dominique de Villepin résume bien ce qu'il faut penser des dérisoires tentatives de l'actuelle équipe pour gérer la situation profondément dégradée dans laquelle se trouve le pays !

Vêtu d'un costume noir, une cravate de la même couleur, l'homme est apparu certes aussi déterminé à défendre l'intérêt général, plaidant sans relâche pour une politique dénuée d'esprit partisan (il en donne un exemple en expliquant sa rencontre du 29 octobre dernier avec Nicolas Sarkozy qui le consulte sur les échéances internationales du sommet de Cannes).

Mais il soumet tout de même implicitement son entrée dans la course présidentielle à la volonté du Peuple souverain de sortir de ce vain affrontement droite / gauche et là, c'est encore loin d'être gagné, tant les vieux réflexes ont la peau épaisse…

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