lundi 28 novembre 2011

Ne pas se faire dicter notre avenir

Dimanche 27 novembre 2011 sur le plateau de BFM TV, face à Olivier Mazerolle, Dominique de Villepin a élaboré ce qui peut être compris comme étant une "feuille de route" pour la décennie à venir.

Semblant loin de ce qui apparaissait comme de l'anti-sarkozisme primaire, l'ancien Premier ministre a tout de même pointé avec justesse les dérives orchestrées par les gouvernements successifs de François Fillon, qui, pour le coup, en a pris pour son grade ! François Fillon, Premier ministre renouvelé avec constance par… Nicolas Sarkozy.


Dominique de Villepin, sur les grands thèmes de cette intervention télévisée (Europe, économie et finance, 2012) n'a pas varié d'un iota. Son credo est et demeure l'avenir du pays et les conditions nécessaires à son édification. Notre souveraineté nationale est certes partagée sur un certain nombre de domaines et le nier serait faire preuve d'aveuglement. Mais une France forte, rassemblée, modernisée et offensive a vocation à peser sur les orientations communes. Elle a surtout la capacité à choisir elle-même son destin et éviter qu'il lui soit imposé par d'autres.

Pour mieux combattre ce paradoxe d'une souveraineté partagée évoquée par un gaulliste, Dominique de Villepin rappelle avec justesse qu'un grand emprunt national peut "nationaliser" une grande part de la dette publique actuellement aux mains de créanciers étrangers. Qui détient la dette, détermine aussi les marges de manœuvre du possible : l'homme d'Etat se profile derrière le gestionnaire.

La vigueur d'un couple franco-allemand doit aller au-delà des seules relations interpersonnelles et s'appuyer sur des structures tangibles s'inscrivant dans la durée et la permanence des actions. Cependant, ce duo, nécessaire pour l'Union, ne peut pas à lui seul assurer la cohésion de cet ensemble de 27 nations et peuples. Et le stratège se dessine lorsqu'il souligne que les pressions des marchés peuvent aussi être utilisées pour faire bouger les lignes.

Mais l'austérité généralisée et administrée avec résignation par des gouvernements en panne d'imagination et d'esprit de décision ne peut que déboucher sur une désespérance économique, sociale et donc politique du continent. "Nous sommes un peu court des pattes de devant" : cette image illustre bien cette alternative appelée de ses vœux.

Oui à une gestion rigoureuse des déficits publics mais dans le respect de la justice sociale, les efforts doivent être partagés entre tous et proportionnels aux bienfaits reçus, avec une relance sélective du pouvoir d'achat, qui reste l'un des moteurs de l'expansion, et une vigoureuse politique orientée sur la recherche et le développement, tant au niveau européen qu'à celui de l'hexagone.

Mais oui aussi à une mise à plat qui s'inscrive dans le temps, à l'aune de la décennie, laissant aux peuples et aux nations la possibilité d'en accepter les rigueurs sans périr étouffés par l'accumulation des servitudes ! C'est l'athlète qui s'exprime et qui sait combien la préparation du coureur de fond doit savoir faire alterner le foncier et le fractionné.

L'homme est apparu tel qu'en lui-même, libre, dégagé des habituelles contingences ou poses convenues d'une classe politique si formatée. La sérénité accompagnait la hauteur de vue et s'appuyait sur la geste espérée d'une conscience nationale.

Les moteurs de son engagement sont en permanence la recherche de l'intérêt général, l'émergence de la dignité restaurée pour toutes et tous, l'ambition d'une société solidaire retrouvant les ressorts de son dynamisme et de sa cohésion.

Nous prenons acte du rendez-vous de mi-décembre fixé par Dominique de Villepin pour nous faire part de sa décision. Gageons que les deux heures passées sur BFM TV l'ont été pour un motif puissant et une perspective s'inscrivant dans une destinée nationale.

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