vendredi 18 novembre 2011

La culture, diplomatie universelle

1958, Moscou, en pleine guerre froide un jeune pianiste américain, Van Cliburn, 24 ans, déclenche l'enthousiasme du public et force le jury de la première édition du Concours international Tchaïkovski à lui décerner le premier prix à l'issue de deux interprétations brillantes du 1er concerto pour piano de Tchaïkovski et du 3ème de Rachmaninov.

Les membres du jury, très ennuyés de devoir attribuer cette première récompense d'un concours sans doute international mais placé sous le double patronage historique du plus célèbre compositeur russe et de celui de l'Union Soviétique, avaient contacté le maître du Kremlin, Nikita Khrouchtchev, afin de les autoriser à sacrer le jeune prodige américain. "Est-il le meilleur ?" leur aurait demandé le dirigeant soviétique. Après la réponse positive, il aurait laissé tomber, laconique : "Alors donnez-lui le prix !".


4 ans plus tard, sous la direction très expressive du maître Kiril Kondrashin, également au pupitre en 1958, le virtuose texan offre au public moscovite une nouvelle illustration de son talent, particulièrement sensible dans cette vidéo du troisième mouvement du Tchaïkovski avec un final éblouissant de virtuosité.


On a peine à suivre les mains du jeune homme tant elles paraissent danser sur les touches blanches et noires du clavier ! Le public est transporté et les dernières images montrent un Nikita Khrouchtchev, premier Secrétaire du Comité central du Parti Communiste de l'Union Soviétique et Président du Conseil des ministres de l'URSS et son voisin moustachu, Anastase Mikoyan, vice-Premier ministre (et futur chef de l'Etat après la chute de son voisin de loge) applaudissant le génial pianiste "made in US".

Il existe une version cd de cette rencontre Tchaïkovski / Cliburn / Kondrashin, au Carnegie Hall de New York cette fois, avec l'orchestre symphonique RCA quelques mois après le triomphe du texan au concours de Moscou.

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