En 1958, le pouvoir n'était pas à prendre, il était à ramasser : cette célèbre phrase attribuée au Général de Gaulle prend encore toute sa saveur en 2011. Tant il est vrai que la déliquescence des mœurs politiques s'accélère.
François Bayrou, fort de ses intuitions fulgurantes de 2007, notamment sur le poids de l'endettement, et d'une opposition sans trop de concessions à une présidence défaillante, croit en ses chances en mai prochain. Mais l'obstiné député du Béarn a le défaut de ses qualités et il aura des difficultés à incarner l'union sacrée autour de sa personne à l'ego très dimensionné.Asselineau, Boutin, Chevènement, Dupond-Aignan, Mélenchon, Montebourg, les rares élu(e)s gaullistes encore étiqueté(e)s UMP et celles et ceux éparpillés dans le RPF, l'UPF, les radicaux, les centristes et maints économistes, sociologues ou politologues font le même constat, à quelques bémols près : le système est en voie de pourrissement avancé et celui qui est entré à l'Elysée en 2007 n'est pas, loin s'en faut, à la hauteur des enjeux. Un second quinquennat Sarkozy serait synonyme d'affaissement poursuivi de notre république solidaire.
Ce dernier gère la République Française comme une vulgaire société anonyme dont les soutiers sont, pour lui et ses semblables, aussi négligeables que le premier clampin venu. Son mépris pour la souveraineté du Peuple éclate dans chacune de ses actions, chacune de ses attitudes ou de ses interventions.
Mais la souveraineté du Peuple n'est pas la variable d'ajustement d'une démocratie violée par celles et ceux qui devaient en défendre les valeurs essentielles ! La souveraineté du Peuple c'est le maillon premier de la cohérence du tout ! Et dire que ce sont des "gaullistes" qui osent faire litière ce qui fut à l'origine même de l'engagement du Général pour son pays...
L'alternance molle est portée par un François Hollande, certes estimable, mais corseté par la meute des éléphants convenus, déjà vus, si divisés (famille je vous hais…) et par une approche des problèmes encore marquée par une acceptation sans faille des dogmes néolibéraux. Tony Blair et Gerhard Schröder auront durablement hanté Solferino...
A l'autre bout de l'échiquier, le changement de propriétaire du fond National n'a en rien transformé les dogmes du Menhir : division de la Nation, anathèmes et thèses passéistes sont au programme ; avant d'être au pogrome ?
Demeure l'énigme Dominique de Villepin, pur-sang fougueux au charisme rare en ces temps de disette de personnalité affirmée, capable dans le même temps de rassembler autour de sa personne des citoyennes et citoyens venus de tous les horizons et d'en désespérer les ardeurs et motivations en ne sachant ni s'entourer ni développer une stratégie politique lisible et expliquée.
Oui, la France de 2011 est à ramasser, rassembler et rassurer. Pour le moment elle est brutalisée par un pouvoir dévoyé, divisée par des oppositions éparses et brouillonnes. Notre République est en danger, en danger de mort face à l'incurie, la veulerie et la trahison conjuguées !
Qui prendra la tête des troupes à Valmy ?
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