Il est tout de même symptomatique de constater que la quasi-totalité des politiques, de droite comme de gauche, du Nord de l'Union comme du Sud, tirent à boulets rouges sur cette décision de consulter le Peuple Grec, tout de même intéressé au premier chef par son devenir !
Ces belles dames et beaux messieurs estimeraient donc qu'elles et ils sont parfaitement incapables d'apporter toutes les justifications nécessaires pour faire avaliser les termes de l'accord par la rue grecque ?
Pensent-elles et pensent-ils que la citoyenne et le citoyens Grecs, pour peu que la situation, que les tenants et les aboutissants, que les divers scénarios soient expliqués avec pédagogie, conviction et ténacité, ne soient pas fichus de faire le "bon choix" attendu ?
Il est certain que si l'argumentaire de campagne se borne à décliner sur tous les tons le bon vieux "TINA" (y a pas d'autre alternative) comme le firent, toutes tendances confondues, nos paresseuses éminences en 2005, le résultat risque de ne pas être à la hauteur des espérances des non-Grecs…
Mais que diable, c'est aussi l'honneur et la mission du politique que d'aller battre l'estrade, argumenter, convaincre et emporter la décision ! A défaut, l'avenir de la démocratie sur notre continent serait donc borné aux seuls cénacles parlementaires, entre gens de bonne compagnie autour de la table de la Commission, aux marchandages feutrés des instances supranationales et aux votes interdits pour les Peuples ? Ces bons apôtres se sont-ils seulement posés la question de la raison d'une abstention grandissante dans les (rares) consultations touchant à l'Union ?
Au surplus, j'aimerais beaucoup entendre les réactions de Paris, Berlin ou Londres si Athènes, Lisbonne ou Dublin se permettaient de leur dénier le droit de consulter leur Peuple !
L'accord est signé, sur la table et il faut convaincre les Grecs et Grecques que c'est le meilleur possible : donc au boulot les socialistes, centristes et autres conservateurs de notre bonne vieille République hellénique !
Quant aux autres, fichez leur la paix et mêlez-vous des affaires intérieures des payes que vous êtes censés conduire, le job est déjà bien assez difficile et vous êtes loin d'avoir prouvé que vous étiez dignes de notre confiance !
Dominique de Villepin : "La décision grecque de convoquer un référendum a le mérite de placer le débat là où il est, sur le plan politique !" ; je me sens moins isolé dans mon analyse...
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