Les places boursières sont à nouveau agitées par la bourrasque du dérisoire… Après les brutales et désarmantes hausses d'après-accord européen, voici les chutes pré-référendum grec, tout aussi spectaculaires et teintées de la même incohérence.
Car, sur le contenu de l'accord conclu à Bruxelles la semaine dernière, consultation du Peuple Grec il y aura.Qui cela pourrait étonner, hormis quelques chancelleries convaincues de l'inanité d'une telle procédure démocratique. Ils sont loin les beaux jours où, à Munich en 1938, les quatre chefs des principales puissances continentales, l'allemand Adolf Hitler, le britannique Neville Chamberlain, le français Edouard Daladier et l'italien Benito Mussolini, pouvaient décider du partage de la malheureuse Tchécoslovaquie sans même que la délégation des autorités de ce pays soit conviée aux négociations !
Mais les faits sont têtus : la Grèce a eu beau obtenir une défaillance partielle de ses dettes, il demeure que le poids du solde reste écrasant et que les plans d'austérité vont se succéder pour la rue et ce sous la vigilante houlette des organismes garants (FMI, Bruxelles) qui vont installer des délégations permanentes sur le sol hellénique.
Le Premier ministre George Papandreou n'avait pas d'autre choix que d'impliquer son Peuple dans la finalisation de cet accord, comme lorsqu'on utilise le buvard pour faire sécher l'encre et en fixer les écrits. La potion sera amère, le traitement long et les abandons de souveraineté déchirants pour la fierté des enfants du Pirée…
Les autorités grecques ont l'habileté de vouloir mettre la citoyenne et le citoyen au pied du mur. Et, pratiquer ce salutaire exercice semble encore moins scandaleux dans ce qui fut le berceau de l'Agora !
Le tohu-bohu atteint donc la classe politique de l'Union, Merkel et Sarkozy en tête. Et la question ne va manquer de se poser : pourquoi diable vouloir inviter la rue à la table des puissants ?
En 2005, Français et Hollandais avaient infligé une bonne grosse claque aux élites de tout poil, politique, économique, journalistique et autres tiques ; les Irlandais avaient dû être rappelés aux urnes afin de mieux voter ; les Islandais avaient également, et par deux fois, rejeté l'accord péniblement conclu entre leurs éminences et la communauté financière internationale.
Le Peuple n'est pas fiable, il ne comprend pas les subtilités et la complexité des enjeux ! Pourquoi le consulter ?
Le Peuple n'est pas fiable, il ne comprend pas les subtilités et la complexité des enjeux ! Pourquoi le consulter ?
Hé oui, la démocratie exige, encore, certaines transactions, certaines acceptations formalisées qui, si elles ne sont pas la garantie du succès, ménagent au moins quelques plages de consensus sur des questions qui concernent tout le monde, dans le quotidien comme dans le futur proche. L'oublier, s'en affranchir ou en détourner le sens, ce serait rompre définitivement le lien entre les mandataires et leurs mandants.
Je commente la dernière phrase de cet article : le lien pêut-être considéré comme rompu, et même mieux : comme nul et non-avenu, puisqu'il a été établi sur une tromperie. Dont acte.
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