mardi 6 décembre 2011

Le CPE : le ver de l'arrivisme était dans le fruit de la réforme

Pour beaucoup de jeunes qui atteignent le quart de siècle cette année, le nom de Dominique de Villepin est associé à la réforme dite du CPE, contrat première embauche, un des éléments de la loi sur "l'égalité des chances" de Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement dans le gouvernement de Dominique de Villepin.


Et cette assimilation CPE / DDV n'est pas forcément flatteuse pour l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac…

Et pourtant, lorsque cette réforme est présentée, peu en conteste le constat qui en est à l'origine.

La France souffre de ne pas parvenir à former tous ses enfants et à leur permettre l'insertion sur le marché de l'emploi. Sans premier emploi, pas d'expérience professionnelle à mettre en valeur, pas de bulletin de paie, pas de logement possible et pas d'avenir raisonnablement envisageable… En 2004, le taux de chômage global est de 9,3% quand celui des moins de 24 ans atteint 21% !

Dominique de Villepin souligne alors : "Même avec une croissance forte, lorsque le chômage est descendu au-dessous de 9% à la fin des années 90, celui des jeunes est resté autour de 18%. Par conséquent, soit nous agissons, soit rien ne changera.".

Face à une situation profondément dégradée l'action exige l'engouement de l'urgence. Et passées les premières réactions forcément réservées (en particulier sur la durée de deux années de la période d'essai ainsi que l'absence possible de motivation pour justifier la rupture du contrat durant cette période) les enquêtes montrent que, volens nolens, le pays dans sa profondeur en comprend les tenants et les aboutissants.

Le journal l'Humanité, pourtant peu suspect de sympathie à l'égard d'un gouvernement "de droite" publiera le 26 janvier 2006 une enquête commandée à l'institut CSA indiquant certes que près des 2/3 des sondés estimaient que le projet gouvernemental accroîtrait la précarité du travail mais dans laquelle plus de la moitié des personnes interrogées pensaient qu'il réduirait le chômage et plus des 3/4 jugeaient que cela améliorerait l'accès des jeunes en difficulté à la recherche de leur premier emploi !

Contrecoup politique évident, la popularité du Premier ministre s'en trouvait confortée, en particulier au sein de l'électorat de l'UMP, évolution insupportable pour Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur au sein du même gouvernement, qui avait planifié méthodiquement son accession au 55 rue du Faubourg-St-Honoré pour 2007…

Nous connaissons la suite !

Réduite aux deux seuls aspects liés à la période d'essai et vendue aux étudiantes et étudiants comme un projet Balladur bis (le CIP, contrat d'insertion professionnelle, d'Edouard Balladur en 1993, était destiné aux jeunes de moins de 26 ans et n'était qu'un simple stage amélioré sans garantie d'embauche et rémunéré au-dessous du SMIC) la réforme devenait le chiffon rouge agité sous le nez du taureau.

En occultant la réalité du contenu (le CPE était un vrai contrat de travail, assorti d'un droit à la formation, incluant indemnité de licenciement et ouvrant les droits aux indemnisations au chômage, aux avantages du 1% logement et avec des garanties obtenues du gouvernement auprès des organismes bancaires pour l'accès au crédit), le CPE passa des bancs de l'hémicycle à ceux des amphithéâtres puis à la rue.

Le chantage d'un Nicolas Sarkozy, titulaire de la place Beauvau, assurant qu'il ne parviendrait pas à éviter une bavure entre ses policiers et les manifestants et ses contacts secrets avec le responsable du principal syndicat étudiant firent imploser la cohérence de l'exécutif. La route de 2007 était dégagée pour le maire de Neuilly-sur-Seine et peu lui importait que les jeunes sans qualification restent sur le bord du chemin

Les intrigues et l'ambition démesurée d'un membre du gouvernement qui n'hésitera pas à dynamiter de l'intérieur un projet novateur et synonyme pour maints jeunes sans diplôme d'accès à un premier emploi, un Président de la République au bout du rouleau, fragilisé par une défaite au référendum de 2005 et une santé chancelante, la haine recuite de l'épouse dudit Président et la veulerie d'un groupe parlementaire, auront eu raison d'un homme et de sa nécessaire réforme. 

Celle-ci redonnait pourtant des perspectives aux milliers de jeunes quittant l'école sans aucune qualification reconnue par un diplôme. L'avenir a, hélas, donné quitus au constat terrible de Dominique de Villepin et les chiffres sont tristement têtus dans leur réalité : au 3e trimestre 2011, le taux de chômage des moins de 24 ans est de 21,6% (9,3% pour l'ensemble de la population).

Comment ne pas désespérer les forces vives de notre pays avec un tel gâchis ? Comment faire confiance en 2012 à Nicolas Sarkozy, celui qui fut en 2006, au nom de son arrivisme forcené, le fossoyeur de leurs perspectives ?

1 commentaire:

  1. Effectivement, le CPE était une avancée pour les jeunes en leur permettant de faire leur entrée dans la vie active et dans vivre. Le ministre de l'intérieur de l'époque Nicolas Sarkosy, a effectivement saboté et torpillé le projet pour son profit personnel, c'est à dire pour le poste de Président. Ou en sommes nous actuellement , la crise n'explique pas tout, loin de là et la gestion de la France depuis 2007 est catastrophique avec une dette jamais atteinte auparavent. Malheureusement ce président n'a ni la taille, ni la stature, ni les capacités de redresser le pays. En votant en 2012 pour Dominique de Villepin, on rendra un grand service à la France

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