Crise aidant, et elle aide bien la bougresse pour nous condamner aux rets de l'ultralibéralisme universel, nos gouvernants en profitent pour tailler à la hache dans les édifices nationaux afin de parer les têtes pensantes, la Commission, la BCE, Van Rompuy, Ashton, dieu sait qui encore, des habits et des accessoires d'une supposée et attendue souveraineté européenne. Mais quel concept unificateur choisir ?
Comment Elisabeth II du Royaume-Uni, ses collègues coiffant couronne comme Beatrix des Pays-Bas ou Charles XVI Gustave de Suède (il y a 6 royaumes dans l'Union plus un Grand-duché, le Luxembourg) et leurs sujets pourraient abandonner des siècles de monarchie en son nom ?
La monarchie ?
Diantre, la France, l'Italie, l'Autriche et les citoyennes et citoyens des 17 autres républiques n'y retrouveraient plus les idéaux autour desquels elles bâtirent leur histoire moderne.
Les Etats-Unis d'Europe ?
Certes, mais unis par quoi ? L'unique horizon de la sacro-sainte convergence économique ? La rigidité budgétaire ? Le corset des sanctions ? La méfiance portée en sautoir, l'œil rivé sur la ligne bleue des budgets du voisin, soupçonnant que l'or de la règle du même nom ne soit que plaqué au lieu d'être brut ?
Je vois bien quel plus petit dénominateur commun pourrait émerger, celui appelé de leurs prières par les adeptes de la référence aux racines judéo-chrétiennes de notre continent… Mais quoi ! En remontant à Adam et Eve ne sommes-nous pas tous cousines et cousins ? Pourquoi se borner à ce seul creuset judéo-chrétien ? Et nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane, comment vont-ils s'attacher à ces racines confessionnelles ? Et les libres penseurs, les athées et autres laïcs pratiquant activement l'absence de toute référence mystique dans leur conduite de vie ?
Au surplus, la constitution d'une l'Union européenne basée sur un tel socle ne peut qu'entraîner pour l'avenir les plus graves doutes quant aux résurgences des combats au nom de la foi ! Voudrait-on relancer cette mortelle ritournelle du Bien contre le Mal ? Voudrait-on retrouver la querelle religieuse comme base des relations entre les nations ?
Non, l'Europe ne pourra pas se faire dans la fusion ; elle se fera bien au contraire dans le respect de ce qui fait la richesse de ses diversités et des histoires qui les ont permises. C'est une Europe de projets que nous attendons, celle des grands travaux d'aujourd'hui et de demain, l'éducation, la recherche, les énergies moins polluantes du futur, l'agriculture et les produits respectueux de l'environnement et de la santé de celles et ceux qui les utilisent, la coopération entre les Etats de notre planète.
Nous n'avons point besoin de traité mais d'être traités comme des citoyennes et des citoyens responsables, associés au développement de cette communauté des Etats et des Peuples ! Nous ne voulons pas d'une communauté réduite aux aguets ni d'une union réduite aux seuls aléas d'une vie de couple "bercée" par de perpétuelles scènes de ménage. Nous voulons l'harmonie des relations apaisées, fondées sur l'égalité des conditions et des règles démocratiques.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci de respecter votre propre intégrité d'être humain et celles des lectrices et lecteurs en vous gardant de réflexions généralistes du type "tous les arabes" ou "tous les juifs" et d'une façon globale "tous les xxxx" : vous ne connaissez pas personnellement chacune et chacun des membres de l'ensemble ainsi décrié et ce traitement global injustifiable est bien le terreau sur lequel l'exclusion, le racisme et l'ostracisme trouvent leur expansion. Tout commentaire ainsi entaché sera supprimé...