L'échéance présidentielle de mai prochain s'annonce comme le point de rencontre entre les tenants d'un système désormais à bout de course et ceux qui sont résolus à en changer la logique.
Chez les premiers, le Pape de transition pourrait fort bien être le candidat du projet socialiste, vague catalogue de mesures "bonasses" dont l'effet sera similaire à celui du cautère sur une jambe de bois : on aménage quelque peu les conséquences les plus socialement désastreuses sans pour autant s'attaquer au cœur du système. Ce qui n'est pas vraiment une surprise si l'on considère que la plupart des caciques actuels (sauf François Hollande qui ne fut jamais membre d'un gouvernement) ont eu à mettre en place beaucoup des éléments permettant à ce capitalisme financier de corroder notre modèle.
Dans ce rôle d'arrangeur public, le fougueux député du Béarn, François Bayrou, peut aussi faire valoir ses droits. Son programme est surtout basé sur 2 ou 3 slogans clé-en-main mais, en fidèle partisan de l'Union européenne fédéraliste, il demeure dans la logique d'acceptation du système actuel. Il est aussi l'héritier direct de cette tradition radicale dont on disait qu'elle était comme le radis : rouge à l'extérieur, blanc à l'intérieur et jamais loin de l'assiette au beurre.
Les porteurs d'une alternative claire, sorte de Vatican 2 d'un capitalisme devenu fou, se dessinent chez ces candidats que le microcosme politico/journalistique s'échine à présenter comme "petits" :
Jean-Pierre Chevènement, le très vénérable sénateur du Territoire de Belfort, a pour lui l'ancienneté du combat mené contre les aberrations de cette globalisation qu'il fustige mais, dans le même temps, il était membre des gouvernements ayant permis aux satrapes modernes de débuter leur pelote. Fâcheux télescopage…
Le tonitruant Jean-Luc Mélenchon est lui aussi le grand pourfendeur du système honni, avec d'indéniables qualités de tribun populaire, mais son parcours est surtout celui d'un apparatchik qui a vécu sur la bête de la rue de Solférino avant de monter sa propre écurie. Fâcheuses compromissions…
Enfin, Dominique de Villepin, le fringuant diplomate-poète, comme l'aiment à le réduire les dérisoires cuistres du chaudron des médias. Produit de sa caste il l'est assurément, mais jamais il n'est prisonnier de ses usages ni n'en réclame les droits innés.
Ce n'est pas un de ses professionnels de l'élection gravissant plus ou moins péniblement les étapes d'une carrière établie dans les alcôves des formations politiques. Prétendant servir et non se servir, il a la cohérence de ne pas vivre de cette politique qu'il souhaite revisiter dans ses déterminants les plus essentiels. Son projet, délivré en avril dernier et soigneusement passé sous silence par ces adeptes qui ont troqué le devoir d'informer contre celui d'influencer, contient ces mesures qui ont vocation à se traduire dans l'immédiat en actes de gouvernement.
Reste l'aventurisme de la Papesse Jeanne, supposée être montée sur le trône de Pierre entre 855 et 858… Mais c'était au temps de l'obscurantisme et, au surplus, l'affaire s'est révélée être un canular de tonsures !
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