Remarquable documentaire que celui de William Karel "Looking for Nicolas Sarkozy" (traduisible en "A la recherche de Nicolas Sarkozy"), spécialiste du genre à qui l'on doit, entre autres reportages, en 2004 un portrait décapant du Président George Bush "Le Monde selon Bush". Entrecoupés d'images, les entretiens de l'auteur avec des correspondants de la presse étrangère en poste à Paris sont vraiment passionnants.
Venus des pays de l'Europe, mais aussi des Etats-Unis, de Russie ou de Chine, ces femmes et hommes, dont la plupart s'expriment dans un français absolument parfait, décodent avec humour, ou désolation, les différents travers d'un homme décidément ressenti comme très en-dessous des espérances qu'il avait su faire émerger avant son entrée à l'Elysée.
(extrait d'une quinzaine de minutes)
Tout y passe, le bling-bling, la scénarisation de ce pitoyable roman-photo d'une improbable rencontre Carlita-d'amour / Nicolas "entre nous, c'est du sérieux", les dérisoires gesticulations et les postures de matamore sur la scène internationale, le discours de Grenoble, celui de Dakar, la résurgence de cette France "fille aînée" de l'église catholique romaine, la pantalonnade affligeante de la tentative d'imposer le fiston Jean à la tête de l'EPAD, etc.
Les très rares réussites, ou présentées comme telles, sont aussi abordées, la présidence française de l'Union en 2008, la gestion de la crise Russie / Géorgie la même année, l'intervention en Libye (dont les journalistes expliquent aussi la nécessité par le désastreux précédent de la politique française vis-à-vis de la révolution tunisienne quelques mois plus tôt ; et les propos laudateurs du Sarkozy cru 2008, recevant avec faste un Mouammar Kadhafi en grand arroi, résonnent cruellement avec ceux du Sarkozy version 2011, désormais grand contempteur du tyran naguère invité…).
Ce rappel des faits de quatre années de présidence amène effectivement à la conclusion que Nicolas Sarkozy est certes capable d'intuitions fulgurantes mais que sa nature brouillonne, son amour immodéré pour les "coups médiatiques" et son absence de sérieux dans le travail des dossiers lui empêchent d'en exploiter pleinement les effets.
Ce portrait au vitriol, essentiellement centré sur les aspects "communication" d'une présidence futile peut parfaitement être résumé dans cette lapidaire sentence de John Lichfield, du quotidien britannique "The Independent", "Il n'a jamais pris sa fonction au sérieux ; il s'est cru plus importante que sa fonction de Président".
Belle lucidité des journalistes étrangers dont j'aimerais bien que leurs collègues français puissent en adopter le comportement éthique et la professionnelle analyse…
L'intégralité de ce documentaire (d'une heure environ) est accessible ICI.
En 2012, et pour peu que le sortant ose se représenter aux suffrages des Françaises et Français, ces derniers ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas : voter Sarkozy sera faire le choix de la futilité ! Dans un monde traversé par la bourrasque des crises sociales, économiques et financières, ce n'est certainement pas ce choix qui convient au pays…
totalement de cet avis
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