vendredi 18 mai 2012

Législatives 2012 : la recomposition est à arracher


Et si l'avenir d'une opposition intelligente passait par une recomposition imposée par une base parlementaire renouvelée à l'insu des états-majors partisans ? Face au rusé et pugnace Jean-Jacques Bourdin, sur BFM ce matin, Dominique de Villepin a développé une sereine mais déterminée certitude : ce n'est pas en adoptant les positions, et a fortiori le programme, d'un système désormais déchu que l'UMP trouvera les ressorts de son renouveau (voir la vidéo de l'entretien ICI).


Et comment lui donner tort lorsque l'on lit les platitudes d'un Jean-François Copé opposant, avec toute l'habituelle mauvaise foi, la pléthore du gouvernement Ayrault, 18 ministres de plein exercice et 16 ministres délégués, à l'équipe resserrée Fillon 1, 15 ministres, 4 secrétaire d'Etat et 1 haut-commissaire, omettant bien entendu de préciser que cette ascèse ne dura que le temps de préparer les législatives du mois suivant l'installation de la nouvelle équipe. Dès le 18 juin 2007, 11 personnes supplémentaires venaient renforcer les éminences en place !

Et comment lui donner tort en assistant à l'ahurissante proposition d'une grotesque députée-maire UMP d'une pourtant si agréable ville des Bouches-du-Rhône, saisissant le Conseil constitutionnel aux fins d'annuler les effets de l'élection présidentielle !

Etre pris pour le gogo à qui on fait avaler toutes les fausses indignations ou tomber dans le piège d'une défiance systématique confinant à l'anti républicanisme serait donc le seul choix cornélien que l'électrice ou l'électeur ne souhaitant pas apporter son soutien au gouvernement en place puisse avoir à sa disposition ?

A forcer en permanence le trait, à maintenir contre vents et marées une stratégie stupide d'opposition sans nuance, les caciques de l'encore majorité prennent le risque politique de liquider définitivement leurs actions les 10 et 17 juin.

Défaite il y aura assurément, n'en doutons pas, et ce ne sera que justice si l'on considère que la plupart des députés siégeant au Palais Bourbon ont apporté depuis 2007, sans état d'âme, leur soutien à une politique qui a échoué. Mais la défaite, ou la victoire, n'est qu'une péripétie de la vie politique ; elle intervient à un moment et peut se transformer en avenir plus radieux quelques échéances plus loin. L'inverse est tout aussi recevable : le PS de 1997 peut en témoigner…

En revanche, les conditions de l'accession au pouvoir se préparent inlassablement et avec opiniâtreté. En peaufinant les propositions, en élargissant le débat et en lui donnant de la profondeur. Ce n'est pas en se bornant à vociférer sur tous les tons et à rejeter le tout en bloc que l'opposition peut espérer faire adhérer ; tout au plus peut-elle agglomérer les mécontents : cela ne donne pas la nécessaire cohésion !

Ces deux tours législatifs de juin peuvent apporter une salutaire décharge à notre classe politique décidément bien sourde et aveugle aux réalités. En bastonnant d'importance celles et ceux dont l'aboulie nous a jetés dans l'ornière et en ne signant pas pour autant un chèque en blanc aux nouveaux gouvernants, le peuple souverain peut très bien forcer les états-majors partisans à reconsidérer leurs positions. Les triangulaires, voire même quadrangulaires, peuvent très bien envoyer à l'Assemblée Nationale de nombreuses individualités, indépendantes dans leur démarche, républicaines dans leur détermination, soucieuses d'insuffler un vent nouveau dans les travées de l'hémicycle.

Un Renaud de Langlade, divers droite, dans la 6e de l'Isère peut parfaitement et heureusement se substituer à un Alain Moyne-Bressand, vieux godillot d'une UMP "droitisée" à l'extrême, cumulard de première et député depuis 1986. Un Philippe Hervieu dans la 4e de l'Oise a toute la légitimité pour faire tomber un Eric Woerth plombé par des dérives scandaleuses dans l'exercice de son mandat de représentant. Un Jean Galienne est pareillement résolu à apporter son expérience et son intransigeante fidélité aux idées gaullistes pour défendre les intérêts des électrices et électeurs de la nouvelle circonscription de l'Ain. Et d'autres, femmes et hommes, sont prêts à relever le défi d'une vie politique vivifiée.

Le choix existe donc pour celles et ceux qui ne veulent pas tomber dans le binaire UMP / PS ou dans les errances d'une extrême, qu'elle soit de droite ou de gauche, faisant fi des réalités les plus fondamentales.

Et ces choix sont motivés, présentés, argumentés et défendus : il suffit d'aller consulter les sites de Renaud de Langlade (ICI) ou de Philippe Hervieu (ICI) pour s'en convaincre !

Que l'on ne vienne pas me dire que ces législatives 2012 se résument à entériner le dilemme "à gauche toute" ou "encore à droite", avec leur cortège d'idées toutes faites, de solutions ineptes ou de représentants en voie de momification ! C'est à nous de tirer l'épingle du jeu, en allant fureter parmi tous les prétendants au siège, en débusquant la perle rare qui ose s'affranchir de cette vieille lune de notre vie politique : droite/gauche, gauche/droite, droite/gauche, gauche/droite… Nous sommes un certain nombre à en avoir assez de jouer les bons petits soldats d'une démocratie allant "droit dans le mur" !

Aux bulletins citoyennes et citoyens ; formez vos convictions ; votons, votons, qu'une exigence nouvelle balaye leurs arrogances !

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