samedi 12 mai 2012

Bruxelles et Berlin haussent le ton

Bruxelles et Berlin viennent d'adresser un avertissement au futur Président de la République Française sur les perspectives de croissance et de dérapages des sacro-saints ratios "dette / PIB" et déficit du budget / PIB.

Je ne saurais trop suggérer au Président François Hollande d'être ferme et déterminé sur ses principes en rappelant notamment :

1. A la Commission de Bruxelles que sa légitimité est voisine de zéro ; elle est étroitement bornée par les conditions dans lesquelles elle a été acquise. Les nominations des membres de cet aréopage ont été faites par les gouvernements et avalisées par le Parlement de l'Union. Une bonne partie des exécutifs nationaux qui en étaient à l'origine a déjà sauté. La Commission est faite pour mettre en musique la partition écrite par les gouvernements et assemblées législatives nationaux ou par les député(e)s européens : point barre. Que la Commission ponde directives, rapports, notes de synthèse ou prévisions, certes, mais elle n'a certainement pas vocation à s'ériger en censeur ou en donneur d'avertissements ! Ses épaules souveraines sont un peu étroites pour le rôle qui doit demeurer celui des gouvernements nationaux légitimement élus pour l'assumer.

2. A La Chancelière Merkel qu'elle sollicitera l'année prochaine le renouvellement de la confiance des électrices et électeurs d'outre-Rhin. Les mauvais résultats, pour l'actuelle coalition CDU/CSU/FDP, des scrutins intermédiaires chez nos ami(e)s allemands devraient éclairer ses jugements et positions : les Peuples sont las de cette potion amère et dénuée de toutes perspectives d'avenir. Angela Merkel devrait aussi se rappeler que l'Allemagne tient sa croissance dans la bonne tenue de sa balance commerciale et des échanges largement excédentaires avec ses partenaires de l'UE : vouloir tuer le client c'est l'assurance qu'il ne pourra plus consommer de produits "made in Germany"…

Enfin, que le nouveau chef de l'Etat fasse son miel de ce sage précepte défendu avec acharnement et justesse par Dominique de Villepin : il faut mesurer les efforts demandés à l'aune de la décennie ; non pas vouloir les imposer, à la hussarde, en 2 ans ! Le vaisseau "Allemagne" a mis 10 bonnes années avant de pouvoir corriger et maintenir le bon cap ! Ne confondons pas vitesse et précipitation.

Nous sommes dans une crise durable de mutations : environnementales, financières, géopolitiques et économiques. La quasi-totalité des équipes en place venues quémander quitus de leurs politiques basées uniquement sur le serrage de ceinture et l'austérité organisée, qu'elles soient conservatrices, libérales ou socialistes, a subi l'échec électoral avec la régularité d'un métronome. François Hollande en sait quelque chose, lui qui a bénéficié du rejet de son prédécesseur et des conséquences de sa politique…

L'union des énergies, la diversité des solutions et le rassemblement des imaginations, peuvent, alliés au facteur temps, nous donner les meilleures armes pour procéder aux nécessaires aménagements, dans le respect de nos valeurs républicaines et dans des efforts justement répartis. L'oublier en s'affranchissant des convictions nationales transfigurées par l'intérêt supérieur du pays, ce serait le synonyme d'un énième rejet d'une équipe en place !

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