mardi 3 avril 2012

Les sanctions logiques d'un choix dénué de raison

Dans cette présidentielle, l'erreur fondamentale de l'UMP aura bien été de soutenir, contre vents et marées, la candidature de celui à qui elle doit les défaites successives lors de toutes les élections intermédiaires. Le penchant "godillot" a encore prévalu...


Député UMP après 5 ans de bouffonneries

Le président a confirmé la grande médiocrité que le ministre laissait entrevoir et le seul boulet d'un bilan qui confine au passif aurait dû justifier que le choix de son camp se fit sur un autre porte-drapeau. Un Juppé, un Fillon, voire même un Copé auraient sans doute fait meilleur figure.

Car, bien pire pour la principale formation politique de l'actuelle majorité, si le sortant est un candidat performant, ce n'est toujours que dans la seule satisfaction d'une trajectoire personnelle ! Ils auraient dû s'en souvenir les hiérarques du parti avant de courber l'échine et d'avaliser la volonté de reconduction du sortant : déjà aux européennes de 1999, la liste que Sarkozy conduisait avait fait le pitoyable score de 12,89% ! Et le statut de l'Île de Beauté que le ministre de l'Intérieur Sarkozy avait proposé par voie référendaire en 2003 avait été sèchement rejeté par les Corses.

Lorsque le bonhomme se met au service de l'équipe pour faire campagne, il est toujours en deçà de ses réelles capacités à mobiliser. Il veut bien se bouger les fesses, mais uniquement pour les asseoir dans le confortable fauteuil ; celles des autres, il s'en contrefiche !

L'avertissement sans frais du second tour des législatives de 2007 n'aura pas non plus servi de leçon. Promis aux plus beaux triomphes au soir du premier tour, nombre de candidats/députés estampillés UMP avaient mordu la poussière (Alain Juppé fut de ceux-là) ; funeste présage ! Le peuple, dans sa grande sagesse, avait peut-être senti que la soirée du Fouquet's et l'escapade sur le yacht de Bolloré auguraient bien mal d'un quinquennat qui avait été vendu comme devant être celui de la rupture et de la République exemplaire ; la suite du mandat a prouvé que ce réflexe inconscient fut le bon.

Envasés dans les basses eaux d'un système global partant à la dérive, d'un pouvoir incapable d'en voir les prémisses et d'en gérer l'étendue des dégâts, d'un Président dénué de la moindre qualité pour fédérer les énergies dans la tourmente et de dégager des perspectives, les membres de cette majorité inepte vont chèrement payer leur absence de sens critique et l'omniprésence de l'esprit godillot !

Durant cette législature ils auront tout gobé : l'appât, l'hameçon, la ligne, la canne et même le moulinet ! De la ratification de Lisbonne à l'ouverture du marché de l'électricité aux amis du Président, du discours fracturant de Grenoble au ministère de l'Immigration, des nominations népotiques aux délices empoisonnés du crédit hypothécaire, de la loi TEPA, et son "bouclier" protégeant les seuls nantis, au chèque de 210 millions d'€ établi à l'ordre de Bernard Tapie, les parlementaires "d'en bas" auront tout accepté, tout voté, tout avalé, même la honte ! Ils en recevront la monnaie de leurs pièces en juin prochain sans même avoir le parachute doré que la Sarkozie a réservé aux Guéant de sévices ou aux parlementaires ministres en rupture de circonscription et qui vont aller s'installer sans vergogne dans les moelleux fauteuils cousus mains des représentations de Françaises et Français de l'étranger.

Le député godillot UMP aura été cocufié tout au long de ces 5 années d'errance et il sera le seul à en payer le prix ! Qu'il ne s'attende certes pas à ce que l'éventuel réélu vienne battre l'estrade pour l'aider à regagner sa circonscription ; une fois réinstallé à l'Elysée le gueux se fichera comme d'une guigne du devenir de ses "compagnons". Les promesses ahurissantes de sauvetage de la sidérurgie Lorraine ou les foucades incompréhensibles pour les Merkel et autres Barroso à l'encontre d'une Europe désormais vouée aux gémonies seront aussi délaissées que la croissance recherchée avec les dents de 2007/2008.

Faute d'avoir eu le courage d'imposer un candidat ayant un maximum de chances d'attirer le chaland électeur, les caciques du parti ont préféré reconduire qu'éconduire : ils auront la double peine des défaites successives, présidentielle et législatives. En effet, comment la citoyenne et le citoyen pourraient faire confiance à tant d'aboulie, de renoncement, d'erreurs de jugement et d'incohérences dans le choix du chef de file ? Sarkozy est la gueuse de fonte de l'actuelle majorité ; faute de l'avoir compris à temps, les député(e)s UMP vont surnager aussi bien que le fer à repasser jeté dans l'étang !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de respecter votre propre intégrité d'être humain et celles des lectrices et lecteurs en vous gardant de réflexions généralistes du type "tous les arabes" ou "tous les juifs" et d'une façon globale "tous les xxxx" : vous ne connaissez pas personnellement chacune et chacun des membres de l'ensemble ainsi décrié et ce traitement global injustifiable est bien le terreau sur lequel l'exclusion, le racisme et l'ostracisme trouvent leur expansion. Tout commentaire ainsi entaché sera supprimé...