"Fin de parcours pour le tueur" titre ce jour, en caractère bien gras, le quotidien local, le Dauphiné Libéré. Pour le tueur, assurément ; mais pour les fossoyeurs de notre modèle républicain, c'est une autre histoire. Passé un court moment de respectueux scrupules vis-à-vis de la mort brutale de compatriotes, la tendance naturelle de l'actuel locataire de l'Elysée à tirer sans finesse sur la corde sécuritaire a repris le dessus.
Bien entendu, l'affreux n'a pas commis l'erreur de s'exposer directement puisqu'il sait pouvoir compter sur quelques porte-flingues bien serviles. Le cauteleux mais prudent Copé n'ayant pas souhaité s'y coller, il a refilé la patate pourrie à une obscure déléguée générale adjointe à l'UMP, Valérie Rosso-Debord, alias VRD (voirie et réseaux divers pour les initiés - les égouts entre autres - conduits bien pratiques pour évacuer toutes les sanies dont cette campagne va nous abreuver).
La VRD, voix et rictus dérisoires, vient jouer la remplaçante d'une Nadine Morano dans le rôle de l'excitée peroxydée de service ; une caricature en chasse une autre. J'observe que les haridelles sont d'ailleurs toutes deux élues du même département de la Meurthe-et-Moselle. Bien qu'étant de la même boutique, elles se détestent cordialement, tant il est vrai qu'un même marigot ne peut pas voir cohabiter deux harpies ; ils en ont bien du malheur ces pauvres Meurthe-et-Mosellans avec de telles viragos ! Nos compatriotes de l'Est du pays sont pourtant connus pour la retenue et la mesure de leurs attitudes.
La déléguée adjointe aux navrantes interventions a donc reproché au candidat François Hollande de vouloir tirer parti de cet épisode sanglant en étant allé à Montauban, à Toulouse ou ailleurs et au PS de n'avoir pas avalisé cette avalanche de textes législatifs sécuritaires que nous connaissons depuis 2007.
L'exploitation médiatique et politique : c'est la pitié qui se fout de la charité ! Il est évident que le candidat socialiste à la présidentielle ne pouvait pas s'abstraire d'un drame qui remue l'inconscient du pays ; que n'aurait-on pas entendu s'il n'avait pas fait ces déplacements ! Les vociférateurs et autres aboyeurs artificiels de ce pouvoir dévoyé s'en seraient donné à cœur joie…
Mais cette imbécile ne se rend même pas compte qu'en présentant ce pauvre argument du refus d'adopter d'incessantes législations de circonstances par les socialistes, la VRD prouve surtout l'inanité des dits textes quant au niveau de sécurité que la République se doit d'assurer à tous ses enfants ! On légifère à tours de bras sur le sujet depuis toutes ces années pour un résultat qui friserait le ridicule s'il ne débouchait sur le sang de victimes innocentes. Car ces crimes perpétrés au nom d'une improbable revendication politico-confessionnelle, et qui tombent étrangement comme Pâques en Carême dans une campagne bien mal embarquée pour le sortant, prouvent surtout l'incurie de not' bon mètre actuel dans la gestion des affaires de la Cité !
De près ou de loin Nicolas Sarkozy est aux manettes depuis dix ans pour tout ce qui a trait aux affaires de police et de maintien de l'ordre. Et ici, comme ailleurs, sur le terrain de l'économie, des finances publiques, de la lutte contre le chômage ou sur la scène internationale, son bilan est désastreux. Le bonhomme s'essaye à retrouver ses coups de menton mussoliniens et ses risibles postures de matamore à la faveur de ce drame atroce mais qui peut être dupe ! Même avec la complicité de ces croque-morts de la démocratie que sont les Buisson ardents et autres officines douteuses et expertes en manipulations, les faits sont têtus : les attaques sournoises dont sont victimes nos services publics depuis 2007 touchent aussi les ressources du ministère de l'Intérieur !
Tout ce louche aréopage va donc tenter de maintenir cette campagne électorale sur le terrain des réactions "tripales", s'adressant aux nauséabonds réflexes que chacun et chacune peuvent ressentir plutôt qu'à la réflexion. Et pour cause ! Toute tentative pour analyser ce quinquennat absurde amène immanquablement à pratiquer sans hésitation la sanction d'un chef de l'Etat ayant échoué depuis 5 années !
Un million de Françaises et Français de plus en recherche de dignité professionnelle et sociétale, plaçant le taux de chômage à près de 10% de nos actifs, 500 milliards ajoutés à la lourde barque de l'endettement public dépassant désormais les 1.700 milliards d'€, un déficit abyssal de notre balance commerciale, des revenus pharaoniques pour une infime minorité oligarchique et maquée avec un exécutif soit disant au service de toutes et tous, des tentations népotiques et la République des copains et des gredins, des postures insensées et grotesques sur les scènes européenne et internationale. Ce n'est plus un passif mais un dépôt de bilan !
Sarko l'américain va donc nous la jouer "le shérif est de retour" en bombant le torse après avoir vérifié ses six-coups et fixé l'étoile. Mais elle a bien pâli cette étoile au fil des années ; elle a filé sans demander son reste et ne demeure que la caricature d'un ex-jeune politicien trop pressé, devenu l'incarnation de l'incompétence, de l'inconsistance et de l'inconséquence.
"Fin de parcours pour le Président" : c'est le titre bien gras que j'attends avec impatience dès le 7 mai prochain, voire même dès le 23 avril !
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