Plus
la campagne présidentielle se développe, plus les projets apparaissent et plus
celui de Dominique de Villepin s'annonce comme étant celui du possible, du
souhaitable et donc du réalisable.
De part et d'autre de l'échiquier politique nous assistons à une surenchère où
la démagogie le dispute aux querelles byzantines et très convenues. François
Hollande annonce-t-il la création d'une super tranche d'imposition pour les
plus hauts revenus que toute la frange ultralibérale, candidat-président en
tête, dégaine le sabre et entonne l'air outragé du "irresponsable",
"fuite des riches", "insensé" sans pour autant se rendre
compte que le bouclier fiscal à moins de 50% et la rétrocession de confortables
chèques par le Trésor public aux plus nantis étaient tout aussi
"irresponsable" et "insensé" économiquement parlant. Même
François Bayrou, alias jamais 2 sans 3 (ou jamais eux sans moi), en rajoute
dans l'indignation faussement outragée.
Seul Dominique de Villepin prend la peine d'aller au-delà des réactions
convenues et explique que si l'intention est bonne, elle risque d'être
contre-productive car démesurée. L'homme d'Etat s'adresse toujours aux cerveaux
avant de solliciter les tripes.
Coincée entre un bilan déplorable, un candidat-président rejeté et un programme
squelettique dont on ne voit pas bien en quoi il pourrait être différent de
cette érosion lancinante depuis 5 ans de ce qui fonde la République Française,
l'UMP n'a pas d'autre choix que de se contenter de tirer à boulets rouges sur
les propositions de l'autre bord.
Fondée sur le mythique score affiché au 1er tour de 2007, la
campagne du centriste François Bayrou se décline autour de "moi",
"moi" et toujours "moi". La France a déjà sacrifié au culte
de la personnalité en mai 2007 ; ce n'est pas la solution de nos problèmes mais
une de ses sources.
Le candidat du Parti socialiste est englué dans ses généreuses propositions qui
se heurteront aux réalités ambiantes car la formation de François Hollande reste
prisonnière de ses ambivalences et de sa propension à monter les parties du
tout les unes contre les autres. L'arrogance tranquille de la gauche est aussi
condamnable que les certitudes agressives de la droite. L'heure est à l'union
des énergies, pas aux divisions.
Enfin, une bonne partie des autres prétendants déclinent sur l'air de
"protections douanières", "sortie de l'€" ou "barre en
arrière toute", étalant les propositions les plus simplistes en occultant
la double incohérence : comment sortir des traités internationaux qui nous
engagent (OMC, UE) sans perdre le bénéfice d'un accès aux marchés extérieurs ? Au surplus, ils évitent soigneusement d'aborder le problème connexe : le
salaire médian, 1.653€ mensuel net pour un temps plein dans le privé, permet-il
de privilégier "l'achetons français !" ? A l'évidence non… Encore
faudrait-il d'ailleurs que les produits estampillés "fabriqué en
France" soient sur les étals ; les destructions d'emplois dans l'industrie
de l'hexagone prouvent à l'envi qu'il n'en est rien.
Les adeptes de la doxa doivent le reconnaître : il n'existe pas plus de
concurrence pure et parfaite que de main invisible garante de l'équilibre du
marché. Les mains avides de celles et ceux qui n'ont pour seule volonté que
"prendre tout, tout de suite" sont, elles, bien visibles et même
omniprésentes. Le rôle de l'Etat est donc de donner quelques tapes sur lesdites
mains en leur faisant savoir que l'intérêt du plus grand nombre doit primer sur
les accaparements individuels. Et la puissance publique a également son rang à
tenir pour assurer l'équilibre du tout. La cohésion de l'ensemble est à ce
prix.
Pragmatisme sans angélisme, ambition collective débarrassée des arrivismes,
rassemblement des forces en lieu et place des doigts accusateurs, efforts
demandés mais justement répartis, citoyenneté restaurée s'affirmant face aux
politiques de classe, politique étrangère fondée sur nos valeurs originales,
héritières de notre Histoire, et non sur l'alignement absurde : voici le chemin
que nous propose Dominique de Villepin.
Comme viennent de le rappeler fort justement deux compagnons Carole et Frédéric
(tous deux installés hors de France : bel emblème de la permanence de nos
valeurs qui diffuse largement au-delà de l'hexagone ; c'est aussi cela le rayonnement
du pays), tel est le triptyque solide sur lequel nous devons nous appuyer : la
citoyenneté, le volontarisme, le rassemblement (voir ICI).
Ceux dont la crédibilité est altérée par l'ironie de cet article ne résistent pas davantage à l'analyse rationnelle de la situation économique & sociale du pays. Mais il est toujours plus facile de caresser le peuple dans le sens du poil, tel un blaireau moyen (Blairot pour l'un d'entr'eux).
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