samedi 29 octobre 2011

Trichet "Au revoir et bonne rigueur chez vous !"

Jean-Claude Trichet vit donc ses derniers jours en tant que Président de la Banque Centrale Européenne (BCE). Cet apôtre du libéralisme au parcours si limpide (ENA, inspection des finances, dircab' d'Edouard Balladur aux Finances, directeur du Trésor et gouverneur de la Banque de France) aura avalé sans sourciller les fameux budgets déficitaires que la France connait depuis 1974.

Avant de passer les comptes à son successeur, l'italien Mario Draghi, le banquier central européen livre donc son testament qui tient en deux phrases : le problème de la dette n'est pas encore résolu et les gouvernements, ces coquins immatures, devront être placés sous la tutelle rigoriste des "sages" du cénacle bruxellois. Au passage il se permet de mettre un bon coup de jet d'eau glacée à un Nicolas Sarkozy survolté par le divin accord de la nuit du 26 au 27 octobre…

Les dettes ne sont pas éteintes ! Quel scoop ! Qui pouvait croire que les milliards accumulés pouvaient, en un claquement de doigt, fut-il présidentiel, disparaître comme par enchantement après un accord arraché aux forceps au terme de deux jours d'intenses négociations ?

L'austérité est encore la ligne bleue des Vosges pour les décennies à venir et la convergence des politiques budgétaires des différents états membres de l'Union doit être le nouvel alpha et oméga. Ici aussi quel scoop ! Après avoir abandonné l'outil de la politique monétaire, monnaie commune oblige, les gouvernements sont fermement priés de placer la souveraineté de la gestion budgétaire sous la vigilante surveillance d'un aréopage technocratique heureusement dégagé de ces tracasseries démocratiques que l'on nomme élections.

Le Pacte de stabilité et de croissance est donc l'ossature de notre devenir : pour la stabilité on veut bien le croire, pour la croissance ce sera certainement celle des bénéfices distribués, quant aux revenus du travail...
La messe est dite et le chanoine Trichet peut se retirer en son couvent pour y méditer sur la folie des hommes et la sagesse des marchés. Cette première moitié du nouveau siècle sera faite de rigueur, d'austérité, de serrage de ceinture, de privatisations à outrance des services publics et de la perspective d'une retraite à 70 balais pour les soutiers du système

Peu importe que cela soit synonyme de dégradations continues des conditions d'existence pour la rue ! Les marchés n'ont rien à faire du budget personnel de madame Michu ; les Moody's, Fitch et autre Standard & Poor's ne vont pas se préoccuper d'aller dégrader la note des comptes de M et Mme Toulemonde !



L'essentiel est bien que la France conserve son magique triple A, ah, ah, ah

1 commentaire:

  1. Etrange conception de la démocratie pour ce cher Jean-Claude Trichet qui ne semble pas être frappé par l'incohérence de deux phrases incluses dans sa réponse à la question posée par des journalistes du Monde:

    "Vous avez souhaité la création d'un ministère des finances européen. Pensez-vous que les mentalités sont prêtes ?"

    Sa réponse : "Non pas comme président de la BCE mais comme citoyen, j'imagine une évolution pour "demain" et "après-demain". Demain, il faudrait que l'on puisse imposer à un pays les décisions indispensables après plusieurs refus d'appliquer les recommandations formulées par la gouvernance européenne."

    Le citoyen Trichet trouve parfaitement normal que la "démocratie" européenne s'impose aux décisions d'un pays, quel qu'il soit, gouverné, que je sache, par des femmes et des hommes qui ont reçu mandat de leur peuple pour le faire. Au demeurant, il ne dit rien de la façon dont cette gouvernance européenne fonctionnerait, ni de quelle légitimité elle tirerait la source de ses actions. Tout au plus se réfugie-t-il dans la vague mention d'un "exécutif européen"…

    Nul doute que le bonhomme, quoiqu'en retraite désormais, sera un puissant et influent relais de cette "eurocratie" honteuse et sournoise à la Jean Monnet dans notre hexagone !

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